Les grands principes d’une construction bioclimatique

Si l’architecture bioclimatique ne correspond à aucune norme légale, elle fait souvent partie intégrante de la réflexion menée en amont de la construction d’un BBC (bâtiment basse consommation) ou d’une maison passive. Cette absence de norme s’explique par la définition même du bioclimatisme, qui consiste à apporter un confort optimal en tirant le meilleur profit du climat et de l’environnement immédiat. Une maison bioclimatique en Bretagne ne peut donc tout simplement pas être conçue de la même façon que dans le Sud de la France !

Du choix du terrain à l’isolation, en passant par la question essentielle de l’orientation, de grands principes régissent cependant la construction de telles habitations…

Maison bioclimatique : définition

Construire une maison bioclimatique va donc consister à prendre en compte des éléments comme le climat et l’environnement immédiat pour l’implantation de la construction, pour des raisons énergétiques. En tenant compte de ces facteurs, on va pouvoir considérablement limiter sa consommation d’énergie pour le chauffage, la climatisation ou l’éclairage. Un moyen naturel de réaliser de précieuses économonies d’énergie au quotidien !

Le terrain : un choix pas si anodin

terrain_maison_bioclimatiqueLe choix du terrain est la première étape de toute construction de logements. Or, si dans le cadre de la construction d’une maison « classique », il peut être tentant de s’arrêter aux commodités environnantes, ce seul critère est loin d’être suffisant pour faire du futur habitat une maison bioclimatique.

Pour profiter au maximum des apports solaires, les terrains trop encaissés ou trop boisés sont par exemple à éviter pour votre construction. En revanche, un terrain en pente n’est pas forcément un handicap et peut même au contraire devenir un atout s’il bénéficie d’une bonne orientation !

L’orientation : cap au Sud !

Le but principal d’une maison bioclimatique étant de profiter au maximum des apports solaires gratuits pour se chauffer et s’éclairer, la question de l’orientation est primordiale et a même une influence directe sur la disposition des pièces intérieures. Les espaces communs, comme le salon, sont ainsi placés au Sud, tandis que les pièces de services, comme le garage ou la buanderie, placées au Nord, peuvent servir de zones tampon permettant de limiter le refroidissement du reste de la maison.

La disposition des pièces va également exercer un impact sur les ouvertures (nombre et types de portes et fenêtres).
La répartition idéale des surfaces vitrées dans un logement individuel est de 50 % au sud, 20 % à l’est et à l’ouest et de 10 % au nord (selon une étude de l’Ademe).
De larges baies vitrées en double vitrage (voire en triple vitrage dans les régions les plus chaudes) sont donc à privilégier côté sud pour capter un maximum de chaleur, tandis qu’on limitera les ouvertures côté nord.

La maison bioclimatique poursuit ainsi le double objectif de réduire les besoins de chauffage (et donc les émissions de gaz à effet de serre), tout en profitant d’une luminosité naturelle minimisant les besoins en éclairage artificiel.

Attention cependant à la surchauffe, particulièrement dans les régions soumises à des étés très chauds comme dans notre belle région provençale ! Des aménagements de protection contre la chaleur tels que des brise-soleil, des débordements de toits ou même des pergolas bioclimatiques à lames orientables permettent cependant d’éviter d’en souffrir en périodes estivales.

Voir aussi : astuces pour protéger sa maison de la chaleur en été

Privilégier une forme compacte

maison_carreeLa forme-même du bâtiment a une importance technique non négligeable pour concevoir un logement bioclimatique. Les maisons compactes permettent en effet de limiter les déperditions énergétiques, tout en optimisant la répartition de la chaleur dans les différentes pièces de la maison. Ainsi, à surface égale, une maison sur deux niveaux sera plus facile à chauffer qu’une grande maison de plain-pied.

Les formes cubiques sont également à privilégier, puisque plus la construction aura de murs en contact avec l’extérieur, plus votre maison consommera d’énergie pour se chauffer ! Pour cette raison, les architectures en U ou en L sont à bannir, en particulier pour une maison de plain-pied.

La mitoyenneté est également une option trop souvent négligée, puisqu’elle diminue encore la surface exposée, tout en permettant de profiter gratuitement de la chaleur des maisons attenantes. Avec une bonne isolation phonique, la mitoyenneté devient un avantage et non plus un inconvénient.

Des matériaux à forte inertie pour conserver et diffuser la chaleur

Si de nombreux matériaux sont possibles pour la construction d’une maison à haute performance énergétique, la conception bioclimatique s’intéresse particulièrement à leur inertie. Une bonne inertie permet en effet de conserver et diffuser plus longuement la chaleur captée en hiver, ou au contraire de mieux stocker la fraîcheur nocturne en été. Les matériaux lourds comme le béton, la brique ou la pierre ayant une grande capacité à stocker de la chaleur peuvent donc être plus intéressants que le bois, plus léger.
On notera aussi la terre cuite non émaillée qui a pour avantage de bien stocker et diffuser la chaleur.

La couleur-même des revêtements et matériaux peut également avoir son importance, les teintes foncées permettant de convertir la lumière du soleil en chaleur, au contraire des teintes claires qui la réfléchissent sans la transformer. Opter pour les bonnes couleurs aux bons endroits, en fonction de l’effet recherché, peut donc permettre d’augmenter encore les performances énergétiques d’une maison bioclimatique en plus de considérations purement esthétiques.

Miser sur une isolation ultra performante

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Le bioclimatisme n’a évidemment de sens qu’associé à une isolation ultra performante. Et si de nombreux matériaux permettent aujourd’hui d’isoler efficacement par l’intérieur comme par l’extérieur, c’est bien leur mise en œuvre qui fait toute la différence.

Une parfaite isolation passe ainsi par une bonne étanchéité, le moindre pont thermique entraînant des déperditions de chaleur en hiver et empêchant un bon rafraîchissement de la maison en été. Pour cette raison, l’isolation par l’extérieur est souvent recommandée, puisqu’elle permet d’envelopper plus efficacement la maison.

Quelle que soit la solution adoptée, des tests comme la thermographie infrarouge ou le « Blower Door » (appelé aussi test « de la porte soufflante ») sont conseillés pour contrôler la bonne étanchéité du bâtiment.

Ventiler sans refroidir

Une excellente isolation thermique extérieure ou intérieure ne signifie pas pour autant l’absence de ventilation ! Une mauvaise aération entraîne non seulement une pollution de l’atmosphère intérieure, mais également un risque d’humidité et donc de moisissures. Le bon renouvellement de l’air est donc primordial, mais doit être pensé intelligemment pour éviter les déperditions de chaleur trop importantes.

Batiment_Bepos_Plan

Les conceptions bioclimatiques privilégient ainsi généralement les VMC double flux, qui permettent un échange de chaleur entre le flux entrant et le flux sortant, ou l’installation d’un puits canadien, utilisant la géothermie pour ventiler tout en régulant la température.

La question des équipements est cependant la dernière sur la liste, puisque même un chauffage central très performant ne permettra jamais de pallier les défauts de conception. Miser sur une construction bioclimatique est ainsi un point de départ des plus pertinents pour aboutir à une maison passive ou basse consommation, et même pourquoi pas, pour tendre vers un BEPOS !

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