L’éco-conception : de multiples avantages pour les entreprises

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Une récente étude met en avant les nombreux avantages de mener une politique “Eco-Conception” pour les entreprises : marge bénéficiaire, amélioration de la notoriété, augmentation de la fierté des employés….un large panel d’éléments positifs exposé par Dorothée Laperche de Actu-environnement.com

“L’écoconception de produits a un effet positif ou neutre sur les profits de l’entreprise, pour 96% des répondants”, détaille Diarra Kane, un des chefs de projet de l’étude sur la profitabilité de l’écoconception. Publiée le 11 février 2014, cette dernière a été commandée par l’Institut de développement de produits (IDP) au Québec et le Pôle éco-conception et management du cycle de vie en France.

Cette enquête a recueilli les réponses de 119 entreprises (49 en France, 44 au Québec et 26 dans l’Union européenne). Elle montre notamment que la marge bénéficiaire des produits écoconçus se situe en moyenne à 12% au-dessus de la marge des produits conçus de façon conventionnelle. “Plus la taille de l’entreprise est petite, plus les chances de rentabiliser sont élevés”, relève Nordine Boudjelida, directeur de l’Ademe Rhône-Alpes, pendant sa présentation de l’étude à la presse, lors du 3e colloque éco-conception, le 17 avril 2014, à Saint Etienne.

Amélioration de la notoriété et de l’image de l’entreprise (86%), augmentation de la motivation et de la fierté des employés (41%), meilleure relation avec les clients (36%), plus grande capacité à développer de nouveaux produits (32%), plus de facilité à recruter du personnel (15%) ou encore une amélioration des relations avec les financeurs, les autorités réglementaires ou les ONG (12%) :selon l’étude, la démarche d’écoconception ne génère pas que des retombées financières comme éléments positifs.

L’écoconception, un avantage compétitif

“Il y a un avantage compétitif à s’inscrire dans ces démarches, souligne Nordine Boudjelida, désormais il faut massifier l’adhésion des entreprises “

Selon Christian Brodhag, président du pôle éco-conception et management du cycle de vie, près de 5% des PME seraient concernés par cette démarche.

L’étude considère que l’écoconception s’avère principalement intégrée par l’industrie manufacturière (62% de l’échantillon).

En moyenne, les entreprises interrogées tentent de réduire les impacts environnementaux associés à quatre étapes sur six du cycle de vie du produit. Les gains environnementaux qui en découlent sont majoritairement la substitution de produits dangereux, la réduction dans l’utilisation de matières, la recyclabilité du produit en fin de vie, la réduction de la consommation d’énergie par unité produite et enfin la baisse des émissions de CO2 de l’entreprise.

“Quelle que soit la taille de l’entreprise, il n’y a plus le choix : il faut s’inscrire dans cette démarche, pour demain exister sur le marché, affirme Gibert Delahaye, vice-Président à la CCI Saint Etienne/Montbrison,c’est le moment car il n’y a jamais autant eu d’aides techniques et financières”.

Vers “l’éco-socio-conception” ?

Outre les outils du pôle écoconception et de ses centres relais, l’Ademe propose un accompagnement (annuaire de l’écoconception, bilan produit et la base impacts) et un soutien financier de 50 à 70% du montant d’une prestation externe, selon la taille de l’entreprise.

“Le danger est que les pays qui partent de zéro aillent plus vite que nous, avertit Christian Brodhag, il faut reconvertir les compétences : les entreprises doivent changer de modèle”.

Aujourd’hui, la démarche semblerait toutefois plus simple à aborder pour les starts-up qui s’appuient sur des innovations d’écoconception pour se développer. Pour les autres entreprises, les actions resteraient majoritairement circonscrites à des améliorations des process ou produits.

“La démarche reste difficile pour une compagnie comme la nôtre qui est très réglementée”, reconnaît Carole Poirier, chef de service en développement durable chez Thomas & Betts, spécialisé dans la conception de composants pour l’industrie électrique. Lancée en 2010, sa politique d’éconception lui a permis de réduire de 37% sa consommation d’eau et de 17% sa demande en énergie.

“Il y a une flexibilité opérationnelle des petites entreprises qui contrairement aux grandes, n’ont pas de gestion du changement à opérer”, constate Marie France Vernier, enseignante-chercheur à l’Ecole de commerce et de management de Lyon, spécialisée dans ce sujet.

Christian Brodhag appelle quant à lui à la mutation de l’écoconception vers une notion plus large englobant les questions sociales : l’éco-socio-conception. “Nous ne pouvons pas considérer que les services soient découplés du produit”, estime t-il.

Plus de main d’œuvre requise

” Ces modèles vont demander plus de main d’œuvre, pointe Nordine Boudjelida, Directeur de l’Ademe Rhône-Alpes. Alors que la collecte traditionnelle de 10.000 tonnes de déchets implique 1 à 2 salariés, dans une dimension d’économie circulaire, elle requiert une cinquantaine de personnes”.

L’économie circulaire constitue par ailleurs l’un des quatre chantiers que souhaite lancer la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, pour amorcer la transition énergétique.

La loi en préparation pourrait arriver sur le bureau du Conseil des ministres en juin, selon la ministre de l’Ecologie.

Source : actu-environnement.com

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