Le BIM, un outil central pour la transition écologique du bâtiment…

Le BIM, un outilqui pourrait bien changer la vie des opérateurs du développement durable. A découvrir dans cet article du blog Habitat Durable.

Le BIM, en français Bâtiment et Informations Modélisés, véritable outil numérique dont la vocation à regrouper les objets et les informations associés permet tout au long de multiples phases de conception, études, construction et exploitation voire démolition la modélisation de toutes ces données facilitant ainsi l’échange d’information pour une meilleure analyse sur les performances , les coûts, les phasages pour la réalisation.

Le Blog de l’Habitat Durable a présenté plusieurs articles sur les opportunités que peut offrir cettebase de données 3D. Peu répandu en France, le Plan Bâtiment Durable, souhaitant le développement de la maquette numérique, a confié, à l’été 2013, une mission à Frank Hovorka (Caisse des Dépôts) et Pierre Mit (UNTEC) afin d’établir un rapport sur cet avatar numérique au service du bâtiment durable.

Pierre Mit et Frank Hovorka ont considéré que pour que la Maquette Numérique soit la plus efficace et la plus rentable possible, il est nécessaire qu’elle soit adoptée par l’ensemble de la filière, que ce soit au moment de la programmation/faisabilité, de la conception et de la construction d’un bâtiment, ou au moment de son exploitation jusqu’à la déconstruction. Les gestionnaires de patrimoine (assureurs, facility et property managers, asset managers…) ont donc été associés aux travaux très en amont. Et d’autres angles de vue que ceux de la conception et de la réalisation de grands projets ont aussi été considérés.

L’objectif était de trouver des pistes pour contourner les obstacles qui freinent le développement de la Maquette Numérique en France, notamment en donnant de la valeur à l’information contenue dans la Maquette Numérique, mais aussi en définissant la granulométrie de cette information afin de parvenir à un outil contenant des données utilisables par tous les acteurs (investisseurs, propriétaires, promoteurs, concepteurs, constructeurs, exploitants, gérants, occupants, …).

Par ailleurs, un axe central de ce travail a consisté en la promotion de la Maquette Numérique pour tous, c’est‐à‐dire une Maquette Numérique utilisable autant pour les constructions neuves que pour les rénovations, par les grandes entreprises comme par les artisans, pour les grands gestionnaires de patrimoine comme pour les particuliers.

A l’occasion d’une conférence de presse, Pierre Mit et Frank Hovorka, ont présenté le rapport final du groupe de travail, le 27 mars 2014.

Ce rapport développe des propositions concrètes pour aider à la généralisation de la « maquette numérique » aussi appelée « BIM ». Cet outil et ce processus permettront la mise en place d’une « carte vitale numérique des bâtiments » neufs et existants.

Afin d’atteindre ces objectifs de généralisation du BIM en France –acronyme francisé par le groupe de travail en « Bâtiment et Informations Modélisés-, 4 grands axes de propositions ont été identifiés :

  • Le BIM pour tous : obliger progressivement la constitution d’une « carte vitale » des ouvrages existants et neufs, sous forme BIM, en s’appuyant sur les moments clés de la vie de l’ouvrage bâti ;
  • Choc de simplification : créer un environnement permettant de favoriser les projets faisant l’objet d’un BIM ;
  • Mobiliser la puissance publique pour le développement du BIM ;
  • Renforcer la dynamique de filière, par la réalisation d’une charte d’engagement volontaire des acteurs et d’un comité d’animation et de suivi.

Sous ces 4 grands axes, ce sont une trentaine de propositions qui sont présentées dans le rapport. Celui-ci propose, outre une analyse partagée par les professionnels, des éléments de vulgarisation, des éléments de comparaison internationale, des références à des études et à des exemples d’utilisation.

Ce rapport confirme que le BIM représente une source d’amélioration de qualité et d’optimisation des coûts tout au long de la vie du bâtiment, pour les acteurs du bâtiment mais aussi pour ceux de l’immobilier. Le BIM constitue à cet égard un outil important pour la transition énergétique et écologique du bâtiment. Les propositions portées par le rapport trouvent un écho important dans d’autres travaux engagés par ailleurs – démarche « Objectifs 500 000 », Nouvelle France Industrielle, actions du PUCA … -, ainsi que dans la volonté affichée des Ministres de déployer la maquette numérique tout au long de la vie du bâtiment.

Le détail des propositions

Proposition 0 : Définition 
Le BIM ou Bâtiment et Informations Modélisés recouvre le modèle (au sens avatar virtuel) numérique de l’ouvrage ou du patrimoine, que ce soit en termes graphique (2 ou 3 dimensions) comme informatif (base de données dynamique). Le BIM se définit comme méthode et outil interopérable rassemblant l’ensemble des informations sur les caractéristiques intrinsèques tout au long du cycle de vie du bâtiment, garantissant accessibilité, fiabilité et pérennité des données, dont l’objectif est permettre aux secteurs bâtiment et l’immobilier de faire basculer le gain de productivité lié au numérique au service du développement durable.

Proposition 1 : BIM pour tous

  • Proposition 1.1 : Intégrer le « passeport énergétique » sous une forme interopérable (au format IFC par exemple), permettant d’en faire une partie de la « carte vitale » du bâtiment.
  • Proposition 1.2 : Imposer la délivrance d’un DOE et d’un DIUO « intelligents », dans un univers BIM, dans la construction neuve du secteur tertiaire à partir de 2018 et pour le logement à partir de 2020.
  • Proposition 1.3 : faire converger l’ensemble des obligations réglementaires afin qu’elles soient fournies en format compatible BIM de manière obligatoire à partir de 2017, afin de constituer la « carte vitale » du bâtiment au fil de l’eau.

Proposition 2 : Choc de simplification

  • Proposition 2.1 : Création d’une procédure accélérée (« fast track ») pour la délivrance d’actes administratifs (permis de construire, autorisation de travaux…) si la demande est fournie en BIM.
  • Proposition 2.2 : Intégrer le BIM comme, à terme, un élément obligatoire des certifications environnementales.
  • Proposition 2.3: Développer l’évaluation des outils (CAO/DAO/GMAO/GTC, autres) orientée « gestion de patrimoine » s’appuyant sur le BIM, comme le projet BIM 2015.
  • Proposition 2.4 : Demander aux instances concernées (MIQCP, AQC…) d’engager une concertation afin de faire évoluer ses recommandations pour généraliser l’usage du BIM.

Proposition 3 : Mobiliser la puissance publique pour le développement du BIM

  • Proposition 3.1 : Permettre, au sein du programme « La Nouvelle France Industrielle », le développement de logiciels et applicatifs métiers sécurisés, interopérables et fiables dans la durée nécessaires à la généralisation du BIM.
  • Proposition 3.2 : Créer une filière de formation à la fonction « BIM Manager » et généraliser la formation sur le BIM à l’ensemble des métiers du bâtiment et de l’immobilier.
  • Proposition 3.3 : Développer des chantiers tests et des opérations pilotes par l’initiation d’appels à projet au niveau national et au niveau régional.
  • Proposition 3.4 : Réaliser des études économiques et/ou créer un observatoire afin de mesurer l’impact du BIM et plus largement du numérique sur le coût global du bâtiment notamment en lien avec la norme ISO 15686‐5.
  • Proposition 3.5 : veiller à ce que les exigences issues des règlementations, normes, certifications, labels soient directement exploitables par BIM.

Proposition 4 : Renforcer la dynamique de filière par la réalisation d’une charte d’engagement volontaire des acteurs et d’un comité d’animation et de suivi.

  • Proposition 4.1 : Dans la charte, lister les usages pour établir une connaissance mutuelle des besoins de chacun.
  • Proposition 4.2. : Dans la charte, s’engager à maintenir l’interopérabilité des données et les rendre accessibles quelque soient les systèmes utilisés (système ouvert).
  • Proposition 4.3 : Dans la charte, garantir l’implication et l’adhésion des industriels en vue de la structuration leurs catalogues électroniques de produits.
  • Proposition 4.4 : Dans la charte, faire du BIM l’outil principal de « supervision de contraintes » pour organiser l’autocontrôle des professionnels.
  • Proposition 4.5 : Dans la charte, engager les investisseurs et gestionnaires à utiliser le BIM pendant la vie du bâtiment.
  • Proposition 4.6 : Dans la charte, inciter les gestionnaires à identifier la valeur qu’ils accordent à la donnée en lui affectant un prix indépendant du prix de l’immeuble.
  • Proposition 4.7 : Dans la charte, intégrer les assureurs afin de travailler à ce que le BIM devienne véritablement un outil de maîtrise du risque dans les bâtiments.
  • Proposition 4.8 : Dans la charte, s’engager à l’archivage dynamique des données afin d’assurer leur pérennité.
  • Proposition 4.9 : Dans la charte, demander la récupération des données d’intérêt statistique pour l’étude et la recherche sur l’efficacité énergétique des bâtiments dans une banque de données nationale avec mise à disposition en open data dans des conditions qui préservent les confidentialités légales.

Source : blog-habitat-durable.com

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